Avec du retard, comme toujours, je vous parle du magazine Ultimate Universe Now #6, disponible partout en France depuis Septembre 2015, qui signe déjà le début de la fin pour ce pourtant tout jeune bimestriel. Je vous rassure néanmoins, les causes de cette fin prématurée sont plus à aller chercher du côté de l'event incompréhensible que vivent les Avengers, que d'une vile démarche de reboot.
Du coup les trois séries du magazines (The Ultimate Spider-man, Ultimate FF et All-New Ultimates) entament dans ce numéro leur ultime tour de piste, et il s'agit donc de conclure toutes les intrigues initiées tout en tirant un premier bilan du chemin parcouru.

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Cette fois, les "réjouissances" commencent avec TROIS EPISODES INTERMINABLES de All-New Ultimates. Série qui, malheureusement, perpétue la malédiction des séries de l'univers Ultimate qui se terminent toujours à leur plus bas niveau (c'est ce phénomène que démontre le théorème de Loeb)... Michel Fiffe au scénario de cette série au concept bancal et à des années lumières du propos d'origine, n'a fort heureusement eu le temps de nous raconter qu'une seule saga obèse. Pour compenser sa légitime frustration de ne pouvoir plus s'exprimer, il a néanmoins tout donné pour rendre ces douze épisodes les plus incompréhensibles possibles. C'est bien simple : je suis incapable d'en résumer l'intrigue.

Au bout d'un moment, c'était même devenu comique de voir le nombre de personnages improbables s'allonger à chaque épisode. Personnages qui plus est sortis tout droit des plus profonds fonds de tiroir à personnages honteux de Marvel (faire de Terror un des personnages principaux, ça aurait pu être audacieux si ça n'avait pas été juste ennuyeux et gênant). Ajoutez à ça que tous ces losers ont eu droit aux looks les plus ringards possibles, encore plus veillots que ceux de leurs homologues de l'univers classiques (!) et à des changements de pouvoirs jamais expliqués, et vous obtenez des scènes surréalistes où des dizaines de personnages qui portent presque tous le même nom se bagarent en ayant chacun des motivations propres qui n'ont jusque là jamais été détaillées ou justifiées ! Qui plus est, tous les personnages sont écrits strictement de la même manière (mal), au point que si on intervertie leurs répliques, je vous promets qu'on n'y voit que du feu. Plusieurs d'entre eux arborent aussi le même symbole (le crâne) sans que ce soit questionné (en dehors d'une blague). Pourquoi ?!

comparaison diamondback

A gauche, la Diamondback classique. A droite, son homologue de l'univers Ultimate. Sérieusement, laquelle des deux donne l'impression de sortir d'un comic poussièreux des années 90 ?

Et comme si la confusion du lecteur était le véritable but de l'équipe créative à l'origine de All-New Ultimates, aucun effort ne semble avoir été fait non plus sur les dessins. Plus haut, je critique les designs des personnages, mais cela ne s'arrête pas à leurs costumes : ils ont tous la même tronche inexpressive ! Bien souvent, j'ai eu peine à comprendre qui était qui, les trois filles des Ultimates, par exemple, n'étant différienciables que par leurs vêtements et coiffures... qui changent sur chaque case ! Les erreurs de perspectives, de proportions et même de personnages rendent le tout quasiment illisible ! Ce numéro contient un exemple frappant lors du duel entre Miles et LE Maître de corvées, où on en vient à croire que le Maître se multiplie et se téléporte.
En guise de cerise sur le gâteau le plus bordelique qu'il m'ait été donné de lire cette année, on retrouve sans surprise (mais en grinçant des dents) l'habituelle narration à la première personne, qui, parfaitement mal maîtrisée et dosée, parvient à briser irrémédiablement le rythme et le confort de lecture de l'ensemble. Un conseil d'ami : ne lisez pas les encarts roses, ils sont inutiles et remplis de lieux communs mielleux qui n'apportent malheureusement rien à la "compréhension" de l'ensemble.

D'ailleurs, ce monologue millieux et nunuche, c'est tout ce qu'on aura à se mettre sous la dent en terme d'épilogue, sopoudré assez ironiquement de quelques allusions à tous les personnages de cette série qu'on avait volontairement oublié (qui est ce truc dans les égouts, déjà ?). Le théorème de Loeb, je vous le dis...

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Mon cerveau a quitté la pièce quand j'ai lu cette scène...

Frocèment, après TROIS EPISODES INTERMINABLES d'un tel niveau, tout ce qui suit donne l'impression de relever du pur génie. Comme d'habitude, Miles Morale : The Ultimate Spider-man assure. C'est beau et intelligent, on comprend ce qu'il se passe car les intrigues sont à la fois légères, solides, suprenantes et racontées de manière fluide. Bendis est à l'aise sur sa série et, même lorsqu'il est bousculé par un agenda pressant, il parvient à nous fournir notre dose de stress, d'émotion, de surprise et d'amusement. Cette courte dernière saga mettant en scène Miles est tout ce qu'une histoire de super-héros doit être. Dommage néanmoins que certaines intrigues ait été expédiées un peu vite, j'aurai aimé en savoir plus sur les Spider-jumeaux ou sur le combat final de Miles. Néanmoins, je ne doute pas que cela nous sera expliqué un jour... Bizarement, cette fois, les trois épisodes ne m'ont pas semblé interminables du tout !

D'ailleurs, l'écart qualitatif avec All-New Ultimates est telle qu'il a fallut que les jeunes Ultimates apparaissent écrits par Bendis pour que je comprenne enfin l'intêret et la dynamique de ce groupe ! En seulement 3 ou 4 pages de dialogues, ils se sont octroyés des personnalités propres et même du charisme, alors que la série qui leur est consacré échouait lamentablement sur DOUZE EPISODES INTERMINABLES.

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Enfin, Ultimate FF nous offre un petit épisode de transition sur l'accouchement de la Femme Invisible. Concernant le travail de Araùjo, le dessinateur, j'entends souvent dire que c'est moche. Sérieusement, les gens, c'est tout sauf moche ! C'est original, inhabitual, ça interpelle, si vous voulez... Mais ce n'est PAS moche. Au contraire du travail de sagouin de Pinna sur All-New Ultimates, Araùjo ne ménage pas sa peine pour nous fournir des planches correctement découpées (donc lisibles), dynamiques et foissonantes de bonnes idées. Si on peut ne pas accrocher à son style (influencé par Otomo de manière assumé et évidente), on doit quand même reconnaître l'imagination, l'humour et les compétences solides de l'artiste.

Personnellement, j'aime bien Ultimate FF, même si son écriture est assez bancale. Après 6 numéros, les enjeux devraient être mieux posés. Néanmoins, chaque épisode comportait jusque là son lot de scènes jamais vues, tout en supportant le lourd fardeau de toute la continuité de l'univers Ultimate (totalement ignorée par les deux autres séries). Donc cela demeure une lecture tout à fait agréable.

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Pour conclure cet article déjà très long, je suis obligé de revenir une fois de plus sur la traduction ! Panini, si vous m'entendez, répondez à cette question : avez-vous un employé chargé de la relecture ? Si oui, il est malheureusement incompétant. Sait-il parler français ? Personnellement, j'ai relevé près d'une dizaine de fautes d'accord, d'orthographe et de gramaire impardonnalbes à ma première lecture ! Ce n'est pas normal.