Avengers Now est un véritable nouveau mensuel estampillé Marvel/Panini, puisqu'il contient les débuts de quatre séries inédites majeures (hybrides étranges entre reboot, remake et what if...?) : Superior Iron-man, Thor, Hulk et All-New Captain America.
Je vous propose tout de suite un retour rapide sur les trois premiers numéros parus à ce jour en France, à savoir ceux de Juin, Juillet et Août 2015...



Je dois bien dire que je m'étonne de l'étrange rapport à la notion de personnages iconiques cultivé par Marvel sur ces quatre séries d'importance majeure pour la continuité.
D'un côté, on veut manifestement que ces nouveaux personnages (ou plutôt ces nouvelles versions de personnages anciens) s'imposent rapidement dans le coeur des lecteurs, tout en laissant les auteurs s'exprimer avec originalité et en osant même s'éloigner franchement de leurs homologues cinéma. Mais de l'autre, on questionne immédiatement leur postulat de départ et, même, leur légitimité !

L'exemple le plus évident, c'est le nouveau Captain America, qui, à peine intronisé, subit une "inversion de moralité" et devient l'un des principaux vilains de l'événement Axis, alors même que 90% de la personnalité d'un Captain America se résume normalement à son intransigeance éthique. Comme première impression, ça la fout mal ! Malaise à peine balayé par trois lignes de dialogues dans Captain America and the Mighty Avengers (lisible dans Uncanny Avengers #9 en France) et totalement éludé dans la série pourtant consacrée au personnage.


Et Cap n'est pas le seul à subir ce drôle de traitement dans les numéros de Avengers Now parus à ce jour. De manière très symptomatique, Iron-man est sensé être devenu maléfique, mais l'intrigue du jeune Abomination nous le montre sous un angle compatissant et altruiste. Même phénomène pour la nouvelle Thor, qui se veut prouver qu'elle est "digne" (sur le plan narratif comme éditorial) des attributs du Thor classique... Mais se retrouve immédiatement privée de Mjolnir durant deux épisodes sur trois !

Et j'ai beau ne pas comprendre la démarche de Marvel sur ce coup, eh bien... J'ai trouvé ça vachement bien !
On est face à de vraies bonnes BD, qui non seulement racontent des histoires funs, mais en plus jouent intelligemment avec tous les codes de narration qu'offrent le format. Que ce soit le fait que le point de vue de Daredevil nous soit montré exclusivement par une vue subjective dans Superior Iron-man, ou bien les onomatopées astucieusement intégrées dans des scènes d'action déjà très lisibles et bien chorégraphiées dans Thor, c'est bien simple : chaque épisode contient au moins une bonne idée de narration savamment exploitée.

Néanmoins, selon moi, c'est surtout en lisant All-New Captain America qu'on comprend que l'efficacité de ces séries réside principalement dans la rapidité avec laquelle sont posés les enjeux, qualité qui manque parfois aux sagas comics modernes qui s'étalent sur plusieurs mois (c'est ce qu'on appelle "lourdeur", la plupart du temps).
Et bien que l'aspect mythologique soit malmené, le ton général parvient même à adopter une jolie dimension rétro pas désagréable !

Bon... En revanche, on le sait, comme toute famille contient au moins un membre un peu niais qui fout la honte aux autres, il en va de même avec les revues Panini... Cette fois, c'est la série Hulk qui traîne de la patte et n'atteint jamais un niveau équivalent à celui des trois autres. Ne serait-ce que sur le plan de la lisibilité et des enjeux, justement, même avec deux épisodes par mois on ne comprend ni où les auteurs veulent en venir, ni ce que sont les motivations de "Doc Green". Mention spéciale aussi pour l'apparition du Hulk Rouge en fin d'épisode 3, en mode "j'arrive, je vais tout casser", suivi de... que dalle. Le personnage n'apparaît pas dans les épisodes suivants.
La faute sans doute à une continuité trop lourde, trop étendue et trop pleine d'incohérences et d'éléments mythologiques forcés. Au final, d'un épisode à l'autre, j'oublie systématiquement qui est qui parmi les assistants de Doc Green, ce qui s'est passé au juste avec Extremis et Betty, qui est mort ou vivant etc.

Le tout desservi par les dialogues un peu faiblards typiques des histoires de Hulk depuis la triste époque de la saga du Hulk rouge par Jeph Loeb.
Exemple 100% véridique tiré des pages de la série :
"Pourquoi ?!
- Pourquoi ? Mais Parce que !"

Bref, Doc Green est une nouvelle version du personnage de Hulk qu'on oubliera aussi vite que les autres, mais qui ne devrait normalement pas gâcher le plaisir de lire trois très bonnes nouvelles séries Marvel.

P.S. : ce qui, en revanche, peut un peu déranger le confort de lecture, c'est la quantité inacceptable de fautes d'orthographes ! Des erreurs de ponctuations aux accords d'auxiliaires, tout y passe. Certains dialogues en deviennent parfaitement absurdes, et souvent difficiles à comprendre ! Je ne sais pas qui est l'élève de primaire idiot qui est chargé de la relecture, mais Panini doit vraiment faire un effort sur ce point...