Ces derniers jours, vous avez pu découvrir de nombreux fan-arts autour de Vénus F. dans le cadre du Space Goddesses Challenge. Le concours autorisait aussi l'écriture de nouvelles. Maxime Saint Michel a donc donné vie à une nouvelle héroïne de l'espace !

Bonne lecture !

Space GoddessesDévastation

 

Lentement ses yeux s’ouvrent pour ne laisser apparaître qu’une épaisse masse floue. Elle n’arrive pas à penser, comme quelqu’un qui viendrait de se réveiller d’un sommeil profond et qui commencerait à peine à émerger. Même son nom lui a échappé. Mais des souvenirs l’assaillent soudainement pour la pousser à se réveiller. Des réminiscences. Ça fait partie du processus.

 

« Qu’allons-nous faire d’elle ?

- Elle ressemble au Dévastateur. Nous ne pouvons pas la laisser en vie.

- Ce n’est pas à nous de décider.

- Qui choisira le destin de cette créature, alors ?

- Notre chef. »

 

Quand elle parvient à distinguer les sources de toutes ces voix graves et hachurées, il est déjà trop tard. Les détails lui échappent encore. Elle ne sent plus de plaque métallique et froide dans son dos. Des mains visqueuses et couvertes d’écailles manquent de la griffer en la saisissant pour l’emporter et l’éloigner de l’engin qui la contenait. Une machine sphérique qui la renvoie à son identité.

 

Ylla a une mission à accomplir. Si le gouvernement de son monde l’a choisie, c’est parce qu’elle est la meilleure. Elle est entrée dans l’Histoire dès son plus jeune âge en étant le premier être vivant à poser le pied sur Phobos. Indéniablement, elle est la femelle la plus importante de sa planète. Il est plus que logique qu’elle la représente à l’autre bout de l’univers.

 

Un claquement la sort de ses pensées. Celui de ses os contre un sol glacé. Elle a mal. C’est presque nouveau pour elle, qui n’a plus l’habitude de ressentir la douleur. Elle se retient de hurler, par peur de ne plus jamais pouvoir reparler ensuite. Ses sens lui reviennent peu à peu. Alors, à genoux, elle observe. A en juger par les statues, et autres objets brillants qui ornent la pièce, si les codes culturels correspondant à la noblesse sont universels, elle se trouve dans la salle du trône. Et les yeux violets qui la regardent littéralement de haut, appartenant à une créature juchée dans un fauteuil argenté, sur le point de prendre la parole, sont ceux de l’Empereur.

 

« Il y avait sans doute une meilleure façon de vous souhaiter la bienvenue sur Hi. Pardonnez mes soldats. Nous ne sommes pas habitués à recevoir des étrangers.

- Deux en un seul cycle, ça pourrait rapidement devenir une habitude…

- Tais-toi et relève-la.

 

Ylla ne peut s’empêcher de sourire devant les brimades que subit un de ses geôliers alors que ce dernier exécute les ordres de son maître. Elle manque de tomber. Un second garde se précipite pour lui servir d’appui. Son corps ne maîtrise pas encore complètement la station debout. Combien de temps a-t-elle passé endormie dans ce vaisseau, exactement ? C’est une question à laquelle elle se devra de répondre, mais pour l’instant toute son attention est tournée vers ces choses couvertes d’écailles.

 

- Vous semblez faible.

- Dîtes ça à ceux qui m’ont jetée avec violence devant vous.

 

C’est la première phase qu’Ylla prononce sur Hi. Mieux que ça, il s’agit des premiers mots qui parviennent à sortir de sa bouche depuis des années. Heureusement, elle n’avait pas pu s’en rendre compte, mais la parole lui avait manqué. Sa voix étrangement aiguë mais pourtant sombre la surprennent plus que le ton provocateur qu’elle emploie. Dans l’état où elle est, elle ne représente clairement pas une menace et si les habitants de cette planète – les Hiens ? – voulaient la tuer, ils l’auraient fait depuis longtemps. Ils ont besoin d’elle. Elle est en position de force.

 

- Alors, vous parliez d’étrangers ?

 

Des murmures brisent un semblant de silence. Les soldats sont impressionnés par la répartie de l’étrangère. L’Empereur lui ne sourcille pas – mais le fait qu’il n’ait pas de sourcils par-dessus ses écailles doit forcément l’aider – et se contente de se lever, dévoilant derrière lui une puissante queue. Il se rapproche de son invitée, tendant son bras pour la saisir et fait signe à ses sujets de partir.

 

La peur commence soudainement à envahir Ylla. Ou peut-être est-ce de l’excitation. Les émotions non plus ne l’ont pas accompagnée pendant son hyper-somnolence. Elle pourrait confondre la joie et la tristesse sans s’en rendre compte. Elle pourrait même rire de colère. Aussi ironique que cela puisse paraître, seul le doute est un sentiment certain.

Et si elle s’était trompée ? Et si le chef de ces choses – elle ne sait toujours pas comment les appeler – comptait la tuer ? Non. Une exécution se doit d’être publique – même si encore une fois, cette affirmation n’est basée que sur ses codes culturels – et l’Empereur n’aurait jamais fait sortir ses soldats s’il avait une quelconque intention meurtrière. Peut-être avait-il prévu un autre type d’affrontement… En y réfléchissant et surtout en voyant toutes ces écailles, la mort serait peut-être plus douce.

 

L’hôte d’Ylla reste immobile et silencieux un long moment, sentant sans doute que cette dernière est pensive. Lui-même semble chercher ses mots. Enfin, il se décide à bouger, indiquant à sa nouvelle amie de le suivre. Elle n’a pas trop le choix étant donné qu’il l’aide à marcher. Si elle refuse, il la laissera tomber. Littéralement.

 

Alors qu’un long couloir, caché derrière le trône, s’offre à eux, l’Empereur se lance enfin dans un discours aussi grandiloquent qu’ambigu, sorti de son contexte par quelqu’un qui n’aurait été trouvé dans une capsule spatiale :

 

- Nous appelons étranger tout être venu d’ailleurs qui pénètre sur notre planète. Comme vous l’avez sans doute deviné, vous n’êtes pas notre première fois. Le Premier Contact a été établi en début de cycle par un étranger, plus menaçant que vous, le Dévastateur. Les légendes racontent qu’il aurait soumis une galaxie entière à sa volonté.

- Un Empereur, comme vous ?

- Ne me comparez pas à lui !

 

Le Hien, qui s’était montré le plus calme possible jusqu’à maintenant, était devenu colérique, terrifiant, poussant presque Ylla qui avait apparemment touché un sujet sensible. Elle le fuit du regard. Ses yeux sont attirés par un étrange objet lui renvoyant le reflet de sa peau violette. D’autres souvenirs de sa planète natale lui reviennent. Comme le fait que les animaux couverts d’écailles y sont appelés reptiles. Et qu’elle est assez jolie. Mais elle doute de son objectivité.

 

- Désolé, reprend l’Empereur. Je… je ne suis pas comme lui. D’abord parce que je ne contrôle pas toute cette planète mais juste une contrée pour laquelle je serai prêt à sacrifier ma vie, mais aussi parce que mon peuple n’a jamais été intéressé par la conquête spatiale.

- Les autre contrées de votre monde sont dirigés par… s’intéresse Ylla, elle aussi désolée d’avoir vexé l’ego d’un reptilien qui aurait pu la tuer.

- D’autres gouvernements. Ce qui a posé certains soucis dans les négociations du Dévastateur.

- Les négociations ? Insiste-t-elle, remarquant qu’elle a une fâcheuse tendance à répéter les mots de façon interrogative pour tenter de faire avancer la conversation et espérant que ce soit juste une conséquence du réveil.

- Il nous a laissé deux choix : la reddition ou la guerre. Alors, nous votons. Le plus surprenant étant que les dirigeants de contrées élus par le peuple aient tendance à préférer la reddition. Mes homologues sont pour la guerre. 

 

Ylla aurait pu ajouter un « Vos homologues, mais vous alors ? » si elle n’avait pas été bouche-bée devant la nouvelle pièce attaquant ses yeux. Elle ne remarque même pas le sourire satisfait de l’Empereur, captivée par les étranges engins gigantesques, tripotés par des ingénieurs reptiliens. Le rassemblement de ce matériel lui donne une idée de réponse à la question qu’elle n’a pas posée, mais l’Empereur la complète :

 

- Mon peuple n’a jamais été intéressé par la conquête spatiale. Moi, si. Il est hors de question que je me rende au Dévastateur, mais se diriger sans aucune préparation vers la guerre nous conduira à l’extinction. Nous devons nous défendre. Et nous ne pourrons le faire qu’au côté d’autres peuples de cet univers. Le moins qu’on puisse dire, c’est que vous êtes tombée à pic.

 

Il marque une pause, voulant donner un certain effet à sa dernière phrase avant de reprendre :

 

- La question, maintenant, est de savoir si vous allez rejoindre ou pas.

 

Ylla prend quelques instants de réflexion, en abandonnant le bras de l’Empereur. Elle arrive de nouveau à marcher seule. Mais elle fêtera ça plus tard. Il est d’abord temps de prendre une décision. Elle se souvient de ses objectifs et des ordres qu’elle a reçus. Ça n’est pas censé se dérouler de cette façon. Elle n’a pas le droit d’interférer, son seul but était d’établir le contact et de repartir, quitte à laisser toute une race s’éteindre.

 

- À quoi bon accomplir une mission, si on ne se souvient plus qui nous l’a donnée ?

 

Conclure sa réflexion à haute voix ne l’aiderait pas. Mais qu’importe, son choix était fait. Soit le voyage spatial a eu plus d’effets qu’elle ne le pensait, soit au fond d’elle se cachent de profonds idéaux de justice. Si elle ignore encore le nom de sa planète, elle sait que Hi s’en rapproche d’un point de vue technologique. Elle ne peut laisser une civilisation s’éteindre.

                                                            

- Je vous aiderai.

- Vous allez pouvoir commencer tout de suite. »

 

Les mots d’un scientifique observant des écrans de contrôle ne laissent pas le temps à un sourire de se dessiner le visage de l’Empereur. L’alarme non plus. Un vaisseau vient de se poser sur ce monde, à quelques mètres de l’endroit où se trouve cet étrange laboratoire. Cette fois, il ne s’agit pas d’un simple visiteur, d’une âme échouée qui cherche à établir une alliance pacifique. Cette machine porte le symbole du Dévastateur.

 

Une escouade fait maintenant face à un cadavre métallique. L’engin ne s’est pas posé. Il s’est violemment écrasé. Même le moteur à découvert, même en pièces détachées et dispersées sur le sol couvert de sable, éclairé fébrilement par une étoile dans le ciel, il ne semble rien y avoir dans l’univers de plus impressionnant que cette carcasse.

 

Excepté peut-être son pilote, introuvable jusqu’à ce que dans un bruit terrifiant, il n’écrase d’un bond, avec la simple pression de son corps, un soldat. La panique gagne les troupes. Elles tiennent en joug une forme gigantesque, un amas indestructible de muscles à l’expression aussi malsaine qu’effrayante. Le meurtre qu’il vient de commettre n’est qu’un avertissement. Accompagné d’une simple question :

 

« Alors, lequel d’entre vous représente cette misérable planète ?

- C’est moi.

 

Une voix imposante s’est élevée dans l’assemblée, surpassant la monstruosité de l’assaillant. A peine armée d’un glaive, une silhouette avance dans les rangs de l’armée de Hi. Les soldats s’écartent pour la laisser passer, la regardant avec admiration. En admettant que la peur ait été présente à un moment donné, elle a totalement disparu, laissant place à la fascination pour Ylla.

 

- Quelle étrange choix que de placer un être différent à la tête d’un monde.

- Il faut être assez ouvert d’esprit. Ça ne semble pas être ton cas.

- Non. À vrai dire, je veux juste savoir si vous préférez la soumission ou la mort. J’espère que vous avez choisi la seconde option.

- J’aurais préféré l’annoncer au véritable Dévastateur, mais comme tu sembles pressé, je vais t’offrir la mort.

 

Sans attendre une réponse, elle tend son arme. La chose est blessée mais riposte immédiatement par un coup de poing qui la projette au loin. Ce combat s’annonce perdu d’avance. Les soldats font feu. Le monstre les piétine, les attrape, les broie, les jette, les mange. Ce n’est pas un affrontement, c’est clairement un massacre programmé.

 

Ylla a compris que ce type n’est qu’un éclaireur et que la véritable menace n’arrivera que plus tard. Elle peut encore arrêter. Ce peuple n’est pas le sien. Mais elle n’en fera rien. Si les légendes sont vraies, le Dévastateur ne s’arrêtera pas ici. Elle doit agir pour l’univers. Elle se relève et entame une course effrénée pour tenter un nouvel assaut.

 

Parvenant miraculeusement à passer sous le géant, elle plante une première fois son épée, puis une seconde. Du liquide coule. Il saigne. C’est en bonne voie. Mais ses coups continuent de pleuvoir. L’héroïne parvient à en esquiver quelques-uns.

Elle n’est pas un super-soldat, une quelconque étoile ne lui confère pas de pouvoirs parce qu’elle est à des années lumières de sa planète.  Sa rapidité et son agilité sont juste plus accrues que celles des habitants de Hi, de par sa morphologie et sa formation. On ne devient pas la meilleure de toutes les enfants de Mars sans aucune raison.

 

Sa mémoire lui est entièrement revenue. Sûrement grâce à des sécrétions corporelles déclenchées par l’excitation du combat. Dommage que ce soit pour une durée si courte. Elle est piégée dans le creux de la main du titan, sur le point d’en finir avec elle. Certains peuples penseraient que de par son monde d’origine, elle est faite pour la guerre. Et à aucun moment elle ne regrette de ne pas avoir demandé l’armistice. Finalement, elle aurait juste voulu sauver ceux qui l’ont accueillie. Au lieu de ça, elle mourra en martyr avant toute une contrée. Avant toute une planète. Avant tout l’univers.

 

- Il paraît que le Dévastateur me ressemble. Tu lui diras qu’il a une sale gueule.

 

Sur ces mots, la Martienne ferme les yeux. Elle ne voit plus rien et pense que le reste de ses sens ne vont pas tarder à se couper, en même temps que sa capacité à penser, à ressentir, la laissant atteindre le néant, la fin des regrets. Un bruit de laser retarde son repos éternel. Elle se sent tomber. C’est ce qu’on ressent quand on meurt ?

Ses yeux s’ouvrent à nouveau. Il n’y a plus de géant, juste des reptiliens qui regardent vers le haut, impuissants et surtout incapables de comprendre ce qui se passe. 

 

Pour la seconde fois – la troisième si on compte son arrivée – depuis qu’elle a pénétré Hi, elle se rapproche dangereusement du sol. Sa vie ne prendra pas fin dans une bataille héroïque pour sauver des milliards de mondes, mais bêtement, parce que son organisme ne supportera pas le choc. Dans une tentative désespérée de survie, elle pointe son arme vers le bas, pensant qu’une lame plantée dans le sol la sauverait. Ce qui est absurde.

Au dernier moment, alors qu’elle a déjà l’impression de sentir ses os se briser, sa chute est arrêtée par une lumière bleuâtre – un champ de force. Les miracles arrivent. Mais il n’y a rien de plus terrifiant qu’un miracle. Toute l’escouade de Hi retient son souffle. Ylla prend enfin le temps de respirer alors qu’une main orange l’invite à se relever.

 

- Finalement, il est plutôt mignon, le Dévastateur. Ou la Dévastatrice.

- Tu ne sais rien de celui que tes compagnons appellent le Dévastateur.

 

La martienne, debout, toise l’autre qui lui a sauvé la vie. Malgré certains attributs physiques et une voix irrémédiablement similaire, il n’y a aucune ressemblance frappante. C’est encore un éclaireur.

 

- Il n’a pas envoyé ce monstre commettre un génocide ?

- Godarr était un dégénéré avec un trop grand besoin de reconnaissance, méprisant les autres espèces. Je l’ai abattu.

- Et qu’est-ce que c’est censé me faire ? Je dois m’agenouiller et te remercier parce que tu m’as sauvée ? Tu veux que je prenne sa place dans l’armée du Dévastateur ?

- Cesse de le nommer ainsi. Il cherche à établir la paix dans l’univers.

- Drôle de façon de procéder.

- Ah oui ? Pourtant, tu me comprends.

- Tu insinues que je suis stupide ?

- Ce n’est pas mon propos. Mais tu crois que toi, moi, le tas de cendres fumant et tous ces machins couverts d’écailles parlons la même langue ? Je suis persuadée que les autres régions de cette planète ont des dialectes différents. Nous avons mis au point un traducteur universel et automatique pour que tous les mondes puissent s’entendre. Notre seul but est de rendre le libre-arbitre aux peuples de l’univers. En les unissant. Brax n’est pas un Dévastateur, mais un Bienfaiteur.

 

Une hésitation. Ce nom lui est vaguement familier. Mais Ylla ne peut rester trop longtemps silencieuse devant son ennemie.

 

- Il a quand même des allures de tyrans. Il vous force bien à rejoindre une armée.

- Une armée nécessaire, composée de volontaires. Le besoin de tuer motive certains, mais tu as vu comment ils finissent. D’autres épousent simplement ses idéaux. Toi par exemple, tu pourrais…

 

Deux déesses spatiales s’observent, tournent l’une autour de l’autre, se jaugent, mais surtout parlent. Les soldats restent muets devant un tel spectacle. Bien qu’évidemment, l’un d’entre eux ne puisse s’empêcher de demander dans un murmure à un de ses camarades si elles ont l’intention de s’accoupler ou s’il peut rentrer chez lui. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les Hiens étant asexués, cette période de ce cycle sera retenue par les historiens comme la période où le mot « femelle » a été inventé.

 

- Désolée, j’ai déjà mon armée de gens qui se battent pour la paix. Tu peux rentrer chez toi et dire à Brax que Hi est protégé, que si lui ou un de ses généraux tentent de revenir, nous les brûlerons. Mieux que ça : dis-lui que l’offre est valable pour toute la galaxie. Et bientôt tout l’univers.

 

Sous le commandement de la meilleure des martiennes, des dizaines d’armes à feu sont braquées sur la femelle à la peau orange. Cette dernière hésite et, en tournant les talons pour disparaître à l’horizon, lâche un ultime monologue :

 

- Tu sais, mes troupes pourraient intervenir. Ce que j’ai empêché pourrait se produire. Mais je ne te prendrai pas la vie, car ta quête est vaine. Quand tu t’en rendras compte, tu ramperas à mes pieds en me suppliant de te laisser rejoindre les rangs de l’armée de Brax. Et je t’accepterai. Mais pour mériter ta place, tu devras brûler ce monde. »

 

Ylla n’est pas inquiétée par les mots de cette guerrière dont elle ignore le nom. Elle est arrivée sur Hi en tant que simple exploratrice amnésique. Elle y est devenue une héroïne venue d’un autre monde. Elle ne sait pas combien de temps elle y restera. Mais elle assumera pleinement le rôle qu’elle s’est promis de jouer au sein de l’organisation de l’Empereur. Et quand elle repartira, elle sera devenue plus qu’une déesse spatiale.