Coucou, il y a encore du monde par ici ?

Ce mois-ci, j'ai lu The Avengers Hors Série #9 de Juin 2015 qui reprenait les épisodes 6 à 10 de la série Avengers Undercover, soit la fin de la pompeuse saga qui avait commencé il y a fort longtemps avec Avengers Arena.
Et c'était... boarf...

Source: Externe

Pour commencer, petit coup de gueule destiné à Panini Comics... La revue qui contient ces épisodes porte la mention "Saga Complète". Vraiment ? Le premier épisode commence presque au milieu d'une phrase, et ne met en scène aucun personnage connu. J'ai du mal à croire que quelqu'un n'ayant pas lu Avengers Arena et la première partie de Avengers Undercover puisse comprendre quoi que ce soit à cette histoire de gentils-devenus-méchants-mais-qui-sont-finalement-des gentils-qui-se-font-passer-pour-des-méchants-même-si-certains-deviennent-vraiment-méchants.
Donc ne vous faites pas avoir : si c'est le macaron "saga complète" qui vous attire, abstenez vous. Ce n'est que la suite/conclusion mal fichue d'une série mal fichue.

Je suis bien conscient de ne pas être tendre avec ce Avengers Undercover, et je dois qui plus est admettre que mon animosité date de la catastrophique Avengers Arena, qui consistait en un mélange assumé entre Avengers et... Hunger Games.

Source: Externe

Effectivement, Battle Royale est une référence plus classe que Hunger Games, mais personne ne s'est laissé avoir par votre hommage maladroit, les gars...

Le responsable de ces deux séries caca-boudins (j'essaie de donner à cette critique le même niveau d'écriture et de recherche que les oeuvres en question), c'est le scénariste Dennis Hopeless à qui on doit reconnaître une candeur parfois touchante et une capacité illimitée à admettre son propre amateurisme. Deux qualités qui ne compensent malheureusement pas son incapacité à structurer son récit de manière logique, ou bien d'offrir des personnalités propres à ses personnages, pourtant nombreux : ils sont tous l'archétype de "l'ado en manque de repère écrit par un vieux", et ne peuvent être différenciés les uns des autres que part leurs orientations sexuelles et leurs coiffures respectives. Il n'y a ainsi pas là de quoi développer pour eux l'empathie nécessaire à une bonne intrigue.

La "méthode d'écriture Hopeless" est simple à résumer : on compille les oeuvres de fictions qui "plaisent aux jeunes d'aujourd'hui", en en retirant le propos et les personnages, pour y mettre à la place des héros créés à l'emporte-pièce, en espérant que l'un d'eux s'avère magiquement charismatique et obtienne un jour sa série solo. Or, cette méthode présente plusieurs limites difficiles à contourner, la première étant que les comics Marvel ont leurs propres codes qui vont pour la plupart s'opposer à ceux de "ce qui plait aux jeunes".
Exemple : peut-on raconter du Battle Royale sans ambiguité morale ni mort définitive ? Manifestement, non.

Le résultat final, c'est de la fan fiction d'otaku, parfois de mauvais goût. Je n'ai rien contre ! Mais on est en droit d'attendre un discours mieux construit et plus solide de la part d'un auteur profesionnel que d'un pré-ado sur tumblr...
Et ce ne sont ni la fin ridiculement facile de Undercover (un deus ex machina, au sens propre), ni la petite lettre d'excuse de l'auteur à la fin d'Arena (sur le mode "j'ai voulu faire de la fan fiction, je sais que c'est mal écrit mais il y en a à qui ça plait et j'ai fait ça pour eux, ne m'en voulez pas") qui me contrediront.

Une vaste perte de temps et un sacré gaspillage de bons concepts et d'excellents dessinateurs. Je me fiche complètement de ce qu'il adviendra maintenant de Death Locket ou d'Arcade (qui est peut-être un clone, je n'ai pas compris et je m'en tamponne). Et cela, Panini a bien dû le comprendre, sinon pourquoi se débarasser de toute la série en deux revues ?

Source: Externe

Qu'il est loin le temps de The Initiative !

Passez votre chemin, lisez plutôt Star Wars !